La dépression froide

En ces temps difficiles de distanciation sociale, que le premier ministre a tenté de requalifier en "distanciation physique" sans doute dans l'intention d'occulter la réalité sociale du désespoir grandissant du peuple, la distanciation sociale donc, participe en ce moment d'une situation plus globale qui voit la plupart des gens entrer dans une dépression souvent invisible mais aux conséquences de plus en plus désastreuses en matière de santé physique, mentale et comportementale.

C'est ce qu'on désigne par "dépression froide", expression inventée par Yogi Bhajan dans les années 2000. La dépression froide, et vous allez peut-être vous y reconnaître, est un état de perte de vitalité, de ressources nerveuses et psychiques, se soldant par un état de soumission à toutes sortes de dictats. Elle résulte directement de la pression énorme engendrée par les enjeux et les défis de l'entrée de notre civilisation dans l’Ère du Verseau. Il nous avait averti de cette censée persister jusqu'en 2038.

Je rédige cet article en réponse indirecte à certaines réactions à la fois légitimes et angoissées à mon texte précédent (voir ici) relatif à notre soif de justice et de changement émaillée de réflexes révolutionnaires pas toujours fondé sur un cœur aimant et inclusif. D'aucun se disent que s'ils restent dans l'amour, cela signifie acceptation du monde délétère qui s'annonce, ce qui s’avère insupportable et terriblement anxiogène. A l'inverse, d'autres se disent qu'il est responsable d'agir et de partir en guerre et éprouvent finalement leur impuissance, ce qui s'avère tout aussi insupportable et anxiogène. Dans cette dualité, comment un être humain peut-il s'en sortir ? Comment ne pas sombrer dans une folie insidieuse, une dépression froide ? Je n'avais pas prévu que ce texte déclencherait chez certains une interrogation quant à leur propre capacité d'amour et son rayonnement.

Qu'est-ce que la "dépression froide" ?

Avant tout, je dois dire que cela n'a que peu de rapport avec la "dépression nerveuse" reconnue comme maladie à part entière. L'idée de "froideur" fait référence à l'absence de manifestations identifiables comme symptômes directs de l'état dépressif. La "dépression froide" survient lorsque la demande extérieure (de la société sur tous les plans) est supérieure à notre capacité de réponse. Si notre force vitale est épuisée, nous ne pouvons pas répondre à ces demandes. Peu importe qu'elles soient justifiées, bonne sou mauvaises, ce n'est pas la question. La question est simplement dans la capacité de réponse physique et psychique.

Quand tel est le cas, nous ne paraissons et ne nous sentons pas forcément déprimés. En revanche, nous sommes engourdis, déconnectés de notre intériorité et devenons insensibles. Nous éprouvons une profonde solitude et aussi de la colère, une colère intérieure qui ressemble plutôt à une sorte de rage impuissante pouvant confiner (mot choisi !) au désespoir. Cette situation engendre un stress permanent, sous-jacent et quasi impossible à identifier par soi-même.

Nous passons alors notre temps à tenter de contrecarrer cette anxiété par une stimulation à outrance. Instinctivement, nous devenons très actifs et manifestons beaucoup d'énergie et d'intérêt pour toutes sortes de divertissements, parfois très sérieux, d'autres fois complètement stupides.

En fait, nous augmentons la charge de ce que nous avons à porter à mesure que croit le sentiment d'urgence face aux différents défis qui se présentent. Une personne souffrant de dépression froide va par exemple s'adonner aux sports, souvent extrêmes, se gaver de boissons énergisantes, surcharger les réseaux sociaux d'informations, prendre toutes sortes de risques inconsidérés, et des drogues physiques et psychiques, parler d'amour nuit et jour sans jamais prendre des nouvelles de la vieille dame sa voisine. En résumé, ce mode de dépression se fonde sur l'hyper-réactivité, l'impatience et finit souvent en drame.

Dans la dépression froide, il n'y a pas de sensibilité, pas d'espoir, pas de créativité et une perte totale de confiance en soi, en l'humain, en l'Univers. En général, lorsque nous perdons notre sensibilité, nous perdons aussi notre capacité de jugement et devenons progressivement des imbéciles et des proies faciles.

Faire face à ce nouveau paradigme mondial où le vivant meurt en toute connaissance de cause n'est pas seulement un défi personnel car cela touche les populations et tout le reste du vivant, justement. La dépression froide, collective ou personnelle, arrive lorsque le niveau de fréquence augmente. C'est le cas aujourd'hui. En général, les gens pensent que l'élévation de fréquence est une élévation de l'esprit. Encore une croyance Nouille-Age incompréhensible ! Non, l'élévation de fréquence c'est aussi l'augmentation de la vitesse, de la versatilité, de la futilité, de l'imprévisibilité... C'est seulement un enjeu différent où la question centrale est de savoir si l'on peut s'ajuster ou non à cette fréquence. L'enjeu est la syntonisation, tout simplement. Et ça commence par l'adaptabilité. La dépression froide est une tentative de syntonisation qui produit l'effet inverse faute de ressources intérieures. Nous sommes tous concernés par cela.

Ce type de dépression, touchant des populations entières comme je l'ai dit, se présente comme une marée montante, survenant sans prévenir et de façon résolument progressive. C'est ce qui se passe en ce moment précis et cela dépasse la question individuelle. La marée hyper-réactive et de plus en plus irrationnelle est en train de monter sur la planète, surtout dans les régions dites "civilisées". C'est la "période grise" que de nombreuses civilisations ont eu à traverser par le passé.

Les causes de la dépression froide

En ce qui nous concerne aujourd'hui, il est clair qu'une des causes majeures est l'information, ou plutôt la surcharge d'informations et les injonctions protéiformes qu'elle génère. Une autre cause majeure est la rapidité, l’accroissement exponentiel de la vitesse, technologique, numérique, financière, informationnelle... Face à ces causes de stress, sur un plan individuel, notre système nerveux ne parvient plus à encaisser cette violence, ce qui délabre aussi notre système endocrine (dont notre immunité naturelle fait partie). Nous ne pouvons trouver des ressources à l'intérieur. Bien que notre corps et notre esprit soient naturellement la plus grande et la plus savante pharmacie du monde, nous ne pouvons faire face et comptons instinctivement dans les moyens de substitution que nous proposent les seigneurs-bouffons de la planète. C'est ce qui engendre notre précipitation ahurissante et notre quête si superficielle du bien-être et/ou de divertissements infantiles dont le marketing spirituel fait partie intégrante.

Sur le plan collectif, il est normal que les institutions politiques (système nerveux) deviennent folles et fassent n'importe quoi en comptant elles aussi sur des apports extérieurs (scientifiques irrationnels, haute finance, etc). Le système nerveux de notre société est flingué et le peuple (nous, les glandus...) déprime, ce qui n'aide pas chacun qui déjà déprimait tout seul !

Comment faire ?

C'est vrai que nous ne pouvons plus compter sur l'énergie de notre corps. C'est insuffisant. Il a été trop sollicité et est de surcroît largement empoisonné. Il nous faut trouver d'autres ressources que l'adrénaline.Pourtant, ces ressources sont disponibles. Elles résident dans notre cœur. Quand je parle de "cœur", il s'agit de "citta", quelque chose qui vit et bats bien au-delà des fonctionnement synaptiques du cerveau, quelque chose qui est continuellement présent et à l’œuvre, même au-delà de la mort physique. C'est un niveau de conscience dont chaque être humain est doté. Il est accessible comme l'est la Caverne d'Alibaba. Encore faut-il le mot de passe. Et celui-ci est simplement "..." ! Oui, oui, tu as bien entendu.

Sérieusement, il s'agit de s'asseoir et de prendre conscience que le monde que nous percevons n'est pas la réalité mais notre perception, elle-même fondée sur nos maladies mentales. Ça c'est une distanciation intéressante ! C'est la moitié du travail, car dès l'instant où nous comprenons l'illusion, nous commençons à perdre l'envie de nous identifier à elle et d'y tenir commerce, nous voyons de plus en plus clairement comment elle se fabrique et d'où elle vient. Peu à peu nous acquérons le pouvoir de générer le monde à partir de notre cœur, car c'est là qu'il se fomente. Et si ce cœur peut être plus pur, plus lumineux, plus aimant, ce dont je suis sûr qu'il l'est pour la plupart, alors les impulsions sont données, en confiance et sans restrictions pour le passage de l'Humanité à la lumière.

Je ne dis pas qu'il ne faut pas agir en citoyen responsable, et accepter sans broncher le retour indécent de l'eugénisme prôné par les consortiums avides, se soumettre à la restriction, voire disparition de nos libertés, etc. Non, mais tout commence à l'intérieur, dans le cœur, et cela doit être une démarche d'amour et de solidarité universels.

Je dis que nous devons poser nos pieds dans la réalité de notre être, humblement, sincèrement, sans attentes ni fantasmes, et agir calmement. La question centrale est la peur, et notamment la peur de la mort. Je sais bien qu'elle reste inconsciente pour la plupart, mais il n'empêche que tant que cette peur existe, nous sommes paralysés pour tout un tas de raisons. Ce qui au passage ne nous empêchera pas de mourir.

Pour vaincre la peur, il faut savoir s'offrir totalement. C'est tout. Ça commence par l'abandon progressif des jouets, des succédanés, des béquilles et par-dessus tout de l'hypocrisie.

Le combat du bien contre le mal est obsolète. Il n'y a pas de combat hormis celui que nous créons dans notre cœur. Nous devrions plutôt travailler à la reconnaissance de ce qui est. Ce faisant, nous découvrions notre capacité extraordinaire à engendrer des Paradis ici-même.

Et comment font les yoginis et les yogis ?

Ça peut aussi vous intéresser. La question reste la même : où trouver les ressources ? Nous disons que la source infinie réside dans le Prana, l'énergie vitale à la base de toute vie, consciente ou inconsciente, sensitive ou pas. Bien que le Prana circule déjà partout, nous pouvons y puiser la force, l'ajustement et le renouvellement. C'est le propre du yoga. Voilà une solution rapide pour trouver de la puissance et sortir du cercle vicieux de la dépression froide.

D'expérience, je peux affirmer qu'une personne s'engageant dans les flux rythmiques des kriya du Kundalini Yoga voit sa vie entière transformée, dynamisée, épanouie en une quinzaine de jours. Les schémas psychiques de la dépression se résorbent d'eux-mêmes. Je ne sais expliquer comment et pourquoi, mais c'est ainsi.

Une autre piste puissante est le chant du mantra. Le mantra permet de respirer et de changer par le son les afflictions et rigidités de notre esprit . Il impacte directement le système nerveux, notamment via la glande pinéale grâce aux divers placements de la langue sur les points réflexes du palais. Les mantra permettent d'entrer dans les dimensions subtiles de notre être et de découvrir l'immensité de ce que nous sommes, les ressources illimitées de la Vie, la joie infinie qui réside dans chaque cellule vivante ou non-vivante de la Création.

Il existe plein d'autres facettes dans le yoga pouvant aider à traverser la "période grise". A chacun de le découvrir... Yoga ou pas yoga, kundalini ou pas kundalini, j'ai toujours dit que, si une personne peut s'abandonner à la totalité et en tombe amoureuse, elle a parcouru l'entièreté de toute voie et devient (enfin !) vivante. Alors, pensez donc, toutes ces étiquettes je m'en tape !

Exemple d'une méditation facile

Voici une petite méditation, facile, que vous pouvez expérimenter. Elle a été enseignée par Yogi Bhajan le 17 octobre 2000.

Asseyez-vous les jambes croisées et le dos droit (pour les habituées, vous savez ce que je veux dire). Entrelacez les doigts de sorte que leurs extrémités s'enfoncent dans les cavités entre les doigts au dos des mains. Sortez les index et pressez-les ensemble sur toute leur longueur. Les pouces se croisent sans effort. les bras le long du corps et les avant-bras remontent de sorte que les mains soient tenues au niveau de la poitrine.
Enfin, les yeux sont ouverts et en direction du bout du nez.

Chantez ce mantra : Wahé Gourou Wahé Jio.  Au son de WHA concentrez-vous sur le nombril, HE sur la poitrine, GOU sur la gorge, et ROU sur les lèvres. Faites exactement pareil avec WHA HE JI O. Continuez 3 minutes à 31 minutes.

Pour finir, inspirez et maintenez le souffle. Écoutez encore le son du mantra. Expirez. Inspirez à nouveau et imaginez que vous rendez à l'Univers toute cette dépression froide (même si ça ne veut rien dire pour vous). Expirez. Inspirez avec gourmandise toute la merveille de Cela-Qui-Est sans retenir le souffle mais au contraire comme si cela vous traversait. Puis détendez-vous.

Je vous recommande la version ci-dessous de Snatam Kaur qui est assez neutre.

Wahe Guru Wahe Jio.mp3

Prononciation (précisions supplémentaires)

WHA ne se prononce ni OUA (comme le font la plupart des occidentaux) ni VOUA mais entre les deux. Commencez par faire un "V", les dents supérieures posées sur la lèvre inférieure et retirez immédiatement votre mâchoire inférieure pour terminer le son avant le OUA.

ROU de GOUROU part d'un R roulé avec la langue juste dans la cavité du palais se trouvant derrière les incisives. Ne roucoulez pas !

JIO se dit DJIO.

Conseil : ne pas se "prendre la tête" et chanter avec son cœur... 😉

Satnam !

Abonnez-vous à notre newsletter et restez branché·es !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *