Itinéraire du Lac Perdu

Jeu de piste pour atteindre le Lac Perdu

 

11Pendant le festival européen de Kundalini Yoga, à Fondjouan, j'entrepris de me rendre à un atelier/conférence donné par Mark Swan (Satjit Singh). Mais impossible de trouver le lieu, indiqué dans la forêt environnante. J'ai entrepris de continuer ma marche à partir de là où je me trouvais, emporté par l'élan. Après avoir croisé quelques campeurs isolés, le chemin commence par la "Sente le plus court" dont on sait bien que le parcourt est bien plus abrupt et parfois risqué... Mais dans la vie, courte elle aussi, le chemin le plus court semble juste et opportun. Puis le chemin aboutit à une patte d'oie : d'un côté le "Sentier des rencontres" et de l'autre la "Sente des gens perdus". Les rencontres, je les avais déjà faites. Sans hésitation, je choisis la Sente des gens perdus en pensant qu'être perdu est une sorte de blague géante réservée seulement à ceux qui ne savent pas qu'ils sont là où ils se trouvent ! On ne peut aller en-dehors de l'Univers, car en-dehors c'est encore Lui. Se perdre, n'est-ce pas une façon confuse de se persuader qu'il faille aller dans un ailleurs qui n'existe pas au lieu de reconnaître ce qui est là ? Bref, quand tu seras sur la Sente des gens perdus, sache que tu seras sur la bonne voie, celle qui ne mène à rien d'autre que vers toi-même.

 

 

Peu à peu, la civilisation disparait et le chemin s'enfonce dans le silence à mesure que la forêt devient plus envahissante. Taons et moustiques me prennent pour steak. Je suis enfin la proie des phénomènes sans importance et le prédateur d'un monde sans limite. Emaho ! Situation inversée, la seule qui vaille.

Sur ta route, côté gauche, tu rencontreras la mort, sous forme de bûches taillée et agencées en tas verticaux, derniers signes des attachements domestiques et au-delà desquels les choses sont ce qu'elles sont : ainsi et donc vraies ! Il te faut continuer, car ces bûches sont inutiles à ton dessein, sources de régression et d'amères regrets.

15Après un petit kilomètre, la sente se termine bien-sûr en cul-de-sac sur la droite, avec une pancarte moqueuse : "Chemin du retour". Te voilà perdu, parcouru peut-être d'un dernier espoir, cynique, celui d'abandonner ta quête. Pourtant la victoire est réservée à celles et ceux qui démasquent l’esbroufe et la moquerie, puis traversent. Quant aux autres, l'Univers les accueillent aussi. Il est immensément patient. Il n'y a jamais de défaite. Sur la gauche, tu trouveras un chemin caché recouvert de végétation et non balisé. Eh oui, à suivre seulement les sentiers battus on finit toujours battu. C'est la règle. Autrement dit, le chemin est en toi, Petit Scarabée... 😉 Traverse donc ce passage. Derrière cette barrière végétale, on y trouve une pancarte indiquant la direction du Château. Elle est mal orientée et si tu la suis, pour le coup tu seras vraiment perdu. Lorsqu'on a coupé les amarres avec les illusions et la confusion ordinaire, qu'on est allé au-delà de l'espoir, qu'on a entrepris un chemin sans retour, ce genre de blague arrive souvent. Me voici donc à l'orée d'une clairière toute en longueur et en pente. J'ai suivi la pente car je pensais redescendre ainsi en direction du lac de Fondjouan. Et puis je me disais qu'un moment vient où l'on doive suivre la pente naturelle qui ramène l'esprit vers sa profondeur.

La clairière aussi se termine de façon abrupte, sauf une bande de terre sur la gauche. C'est là que j'ai aperçu ce héron blanc, aussi haut qu'un humain, et se tenant sur une berge dont il s'envola aussitôt, me révélant cet immense lac (immense car au moins quatre fois plus grand que celui du festival). L'eau y semble si pure que le ciel s'y reflète. Il est entouré d'une exubérante végétation. Ses berges sont inaccessibles et marécageuses. En longeant une berge, je découvrais un autre accès sans intérêt et fis demi-tour en me disant qu'une fois le but atteint, en vouloir plus n'est que vanité et blocage de l'esprit. Ne sont-ils pas ainsi les yogis qui finissent coincés dans la quête de l'extase sans comprendre que cela aussi leur ferme la porte de la délivrance ?

13Sur la route, prend garde : on y trouve ici et là des sortes d'observatoires ou de repères numérotés comme sur cette photo. Ce sont peut-être des bornes utilisée par les chasseurs. N'étant pas spécialiste, c'est à vérifier

Mais après tout, si l'on te tire comme un lapin, c'est que tu avais de grandes oreilles... pour entendre !

J'ai fait le chemin inverse pour revenir dans l'agitation du festival et aussi parce que j'avais perdu mon tapis de yoga dans l'aventure, preuve que je n'en avais pas besoin. Je retrouvai le tapis, et finalement le lieu de l'atelier de gong. Il était fini. Mais pas moi !

Bon voyage et à l'année prochaine...

Navjeet

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